L'Echangeoir d'Ecriture

Petits trucs et savoirs d’écriture

“J’ai peur d’être influencé” l’écriture, travail et inspiration- 1

« J’ai peur d’être influencé dans mon écriture » ! « Je ne vais pas aux ateliers d’écriture parce que j’ai peur d’être influencé » ça je l’entends souvent. Ou pire encore « je ne lis jamais, je ne veux pas être influencé ». « j’écris mais je ne lis pas, je n’aime pas ça ». Rien que de l’écrire, même si c’est pour le contredire, ça me fait grincer des dents ! La peur des autres. Il est facile de comprendre que cette peur vient avant tout d’un manque de connaissance de ce qu’est la littérature, qu’elle est aussi et surtout une peur de se perdre soi. Mais l’écriture, comme n’importe quelle pratique artistique, ce n’est pas seulement soi et uniquement soi.  Est-ce qu’on accepterait qu’un peintre refuse d’apprendre la perspective ou l’usage des couleurs par peur de se laisser changer ? Qu’un sculpteur doive découvrir tout seul les techniques et les outils pour tailler la pierre ou sculpter le bois ? Qui demanderait à un sportif de s’initier dans la solitude aux règles de son sport, aux techniques, ou même aux exercices d’entraînement ou d’assouplissement ? Vous me direz ce sont des savoir-faire ça, c’est un peu comme la grammaire, et la grammaire on l’a apprise à l’école. Certes… enfin…. pas toujours… Alors, deux autres exemples pour approfondir : Connaissez-vous beaucoup de musiciens qui n’écoutent jamais la musique des autres par peur de changer de style ? Des musiciens qui ne feraient qu’improviser sans jamais avoir « appris », dans le vrai sens d’apprendre, en découvrant, prenant le temps d’approfondir, de faire sien, de pratiquer les partitions des autres ? Ou pour les sciences : imagineriez-vous des scientifiques qui pour trouver leur génie propre recommencerait tout depuis l’âge de pierre, en débutant, bien sûr, par l’apprentissage du  feu ? Bien sûr que non. Derrière cette individualisation de l’écriture Alors pourquoi croit-on cela avec l’écriture ? Sans doute est-ce parce que les mots sont particulièrement accessibles. On les utilise tout le temps. A l’oral, on raconte (ou on se raconte) facilement des histoires. On a l’habitude d’écrire, quelques messages, des documents administratifs et on s’en sort. Peut-être même qu’on se dit qu’on s’en sort plutôt bien. Et puis, l’écriture, ça ne se jauge pas au premier coup d’œil comme une peinture, ça ne demande pas de faire des gammes et de maîtriser des accords comme la musique. Sans parler de ce mythe du génie, qui fait croire qu’on nait écrivain ou rien. On voit le livre, l’objet, le résultat mais on imagine rarement la quantité de brouillons, de ratures, de questionnements, d’échanges, les temps de maturation qui ont menés à cette exacte combinaison de mots. On ne nait pas écrivain. Et on n’est pas écrivain avant d’avoir écrit un ou même plusieurs vrais textes. Et puis, on n’écrit pas comme on parle, et même on n’écrit pas pour les autres comme pour soi-même. Se rendre simplement lisible, compréhensible, être capable de transmettre les idées qui sont au fond de nous, ça ne se fait pas en un claquement de doigts ! La littérature est un art, et avant d’être un art, elle est d’abord un artisanat. Ça s’apprend, ça se découvre, on y progresse par la pratique, la réflexion, l’attention. La littérature n’est pas une intuition, elle est travail, elle est ancrage dans une tradition, elle est connaissance, pratique, concentration, effort, acharnement, désespoir, bonheur, découverte, exaltation, temps et travail, encore. Elle est reconstruction et subversion. Temps et travail, toujours. C’est ainsi qu’elle s’échappe et se renouvelle. Et l’inspiration, alors ?  Eh bien, l’inspiration, quand elle existe, est le fruit souterrain d’un croisement infini des plaisirs littéraires enfouis dans nos mémoires et du travail sans cesse repris pour lui donner le moyen d’exister, de se matérialiser dans les mots. L’inspiration est une métisse qui nait de la rencontre de nos lectures et de nos expériences personnelles. Vous n’y croyez pas ? L’inspiration serait fulgurance, éclair ? Ok. Il y a rarement d’éclair dans un ciel pur, il faut d’abord que les nuages d’orage se forment. Les nuages c’est notre travail. L’éclair, c’est ce moment soudain où, au milieu du travail les choses se mettent en place et nous surprennent. Ce qu’il nous faut, à nous, c’est, aux lueurs des lampes,La science conquise et le sommeil dompté,C’est le front dans les mains du vieux Faust des estampes,C’est l’Obstination et c’est la Volonté ! C’est la Volonté sainte, absolue, éternelle,Cramponnée au projet comme un noble condorAux flancs fumants de peur d’un buffle, et d’un coup d’aileEmportant son trophée à travers les cieux d’or ! Ce qu’il nous faut à nous, c’est l’étude sans trêve,C’est l’effort inouï, le combat nonpareil,C’est la nuit, l’âpre nuit du travail, d’où se lèveLentement, lentement, l’Œuvre, ainsi qu’un soleil ! Paul Verlaine. Influences inconscientes Mais alors, ne suffirait-il pas reprendre sans arrêt son texte, tout seul, sans rien écouter d’autre jusqu’à obtenir la perfection désirée ? Il faut prendre conscience d’une dernière chose. On entend sans arrêt les mots. Dans les discussions courantes, dans les publicités, dans les échanges rapides des mails, des sms, les séries… tout ce qui fait notre vie courante. Si vous ne lisez pas, c’est cela qui vous influencera. C’est notre vie contemporaine, c’est sûr, mais faire passer la vie dans la littérature, c’est encore autre chose. C’est trouver une forme, une entrée en matière, une façon de capter le lecteur, d’accorder la phrase au thème, de créer cette tension qui fera qu’on aura envie de suivre le fil des mots jusqu’au bout. Et cela, il n’y a que les lectures, celles qui vous plaisent et celles qui ne vous plaisent pas qui pourront vous l’enseigner.  Pour des ateliers d’écriture littéraire (ou tout autre forme de partage).  Les ateliers d’écriture ne sont pas là pour vous influencer. Ils sont là pour vous proposer matière à réflexion, pour vous faciliter l’acquisition d’outils que vous pourrez mettre au service de vos idées, pour vous faire découvrir les milles et une possibilités que personne ne peut soupçonner tout seul, pour vous aider à mettre en place un esprit critique sur vous-même et sur vos lectures. Un bon atelier

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A perdre haleine, le rythme dans le récit

Améliorer son texte : travailler le rythme de son récit

Le rythme de son récit : une question primordiale. Personne n’accroche à un texte mal rythmé : il nous ennuie et on l’oublie. Travailler le rythme de son récit, c’est donc se demander comment retenir son lecteur, comment organiser et dire son histoire. Il y a deux façons de travailler le rythme : dans la construction du texte dans le style. Aujourd’hui, voici quelques pistes de construction qui peuvent servir dans n’importe quel texte narratif : romans, nouvelles, novella ou même témoignage et récits de vie. Le rythme et la question du temps dans le récit Le rythme, c’est une question de temps. Or, il faut bien prendre en compte que dans tout texte, il y a deux temps : celui de la chose racontée (l’histoire) et celui mis à la raconter (le récit). Construire le rythme d’un texte, c’est donc créer un jeu entre ces deux temps pour intéresser le lecteur. Scènes, résumés, pauses, ellipses : Pour jouer avec les temps, il faut savoir alterner entre l’écriture de scènes, de résumés, de pauses et d’ellipses. La scène est un texte où le temps du récit est le même que le temps de l’histoire, par exemple dans les dialogues. On a alors l’illusion de vivre l’action dans les personnages. C’est une partie fondamentale du texte, mais il ne faut pas en abuser, au risque de se perdre dans les détails. Il y a ensuite les résumés qui condensent une partie de l’histoire en quelques mots. Au delà de l’effet d’accélération (suspens, tension), cela permet d’avancer dans le texte. Reste à faire attention au style. Sinon, le lecteur aura l’impression qu’on bâcle par paresse ou manque de savoir-faire. A l’inverse, on peut jouer sur les pauses c’est-à-dire des passages où l’histoire n’avance pas : les descriptions, commentaires, digressions… Et pas question de les couper par principe ! Jouer avec le rythme, c’est aussi alterner les moments de tension et de pause, mélanger le contexte, la réflexion et l’action. Enfin, il y a des ellipses, des événements passés sous silence. Parfois elles sont invisibles (toutes ces actions de la vie quotidienne qui ne servent à rien) et donc ultra-nécessaires ! En d’autres occasions, elles créent un effet particulier : de temps perdu, de nostalgie ou encore de mystère. Pensons à tous ces romans policiers qui racontent le crime mais sautent l’avant et l’après pour qu’on ne sache ni les causes ni ce que devient (au début) le criminel. La fréquence de narration : Deuxième élément de la gestion temporelle du rythme : c’est le nombre de fois pour raconter quelque chose. Car oui, il est tout à fait possible de dire plusieurs fois une même chose, tout dépend de ce que vous en découvrez à chaque occurrence ! Ainsi on peut raconter une seule fois un seul événement (c’est le plus classique et le moins risqué). On eut aussi répéter par exemple depuis plusieurs points de vue. C’est plus compliqué mais les effets sont très intéressants en particulier si les différents personnages n’interprètent pas l’action de la même manière. On peut aussi faire l’inverse, raconter en une fois ce qui s’est passé en plusieurs fois, pour faire sentir l’habitude, la routine, l’ennuie… Là encore, c’est l’effet à produire chez le lecteur qui devra guider votre choix. En pratique : comment améliorer le rythme de son récit ? Choisir Tout dépend de ce que vous voulez raconter et de l’effet à produire chez le lecteur. Voulez-vous créer de l’émotion ou de l’angoisse, raconter une vie ou une aventure, explorer une vision du monde, un problème de société, ou donner vie à un lieu ? Demandez-vous aussi qu’elle est la meilleure façon de transmettre cette idée à votre lecteur. Est-ce en accumulant les actions ou en prenant le temps de montrer le passage du temps ? Vérifier Quand vous vous relisez, vérifiez que tout ce que vous avez écrit est nécessaire. Sinon, voyez comment vous pouvez l’enlever. Faites confiance à votre lecteur, il préférera combler les trous (tant qu’il n’y en a pas trop) plutôt qu’avoir l’impression d’être pris pour un idiot. En résumé, la question du rythme est avant tout une question de choix : quoi dire et par quelle technique ? Se préparer La dernière question qui se pose est comment choisir et être sûr de ses choix. A mon avis, il n’y a qu’une seule solution : lire, lire et lire. Lire en cherchant dans les textes que l’aime comment l’auteur fait pour maintenir notre intérêt. Et aussi reprendre les textes qui nous ont ennuyés pour comprendre ce qui a raté et ne pas le reproduire. Ensuite, et bien, il reste à tester, essayer et éventuellement modifier, voir innover ! Dites-vous bien qu’aucun auteur n’y est arrivé du premier coup. Alors, bonne écriture, et bonnes expérimentations !

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bons ou mauvais livres

Pourquoi lire … de mauvais livres (quand on ne peut pas faire autrement) ?

Histoire d’une lecture décevante… mais révélatrice. On a tous des livres qui nous rebutent. J’ai acheté il y a peu un de ces mauvais  livres, doté d’une belle critique en quatrième de couverture, d’un titre intrigant, mais terriblement décevant… Bon, j’étais dans un avion, je n’avais rien d’autres à faire, alors, j’ai lu. Au bout de dix pages, je râlais toute seule, au bout de vingt, j’imaginais des conseils à l’auteur, au bout de trente… Au bout de trente, je me suis rendue compte que certains des pièges dans lesquels était tombé l’auteur, je m’y étais fait prendre aussi. Finalement, ce roman avait peut-être des choses à m’apprendre… De l’impact des lectures sur l’écriture : Comme l’a dit Nancy Huston, nous sommes une « espèce fabulatrice[1] ». Nous faisons de nos vies des histoires, nous racontons nos problèmes, nos réussites comme des histoires. C’est par elles que nous comprenons notre existence et le monde qui nous entoure. Si nous faisons attention, nous verrons que la plupart de ces narrations qui nous parviennent ne sont pas transcendantes : papotages de bureau, pub, faits divers, série TV… Nous sommes environnés pas ces « histoires bas de gammes » qui nous remplissent l’imaginaire sans nourrir notre esprit… Ce qui a priori devrait nous envoyer dans la même direction et nous faire produire le même genre de textes. Alors pourquoi lire de mauvais livres ? Les « bons » livres ne nous ouvriraient-ils pas de meilleurs horizons ? En fait, il y a quand même quelques points à en retirer, tout simplement pour faire mieux. Utiliser les mauvais livres : Aiguiser son regard critique : D’abord, il est plus facile d’être critique avec les autres qu’avec soi-même. Lorsque l’on écrit, on est pris dans un sujet qui nous attire, avec des personnages qui ont vécu en nous et qui nous touchent. En tant qu’auteur, on se fait plaisir en racontant plus de choses que nécessaire, en laissant de belles phrases dont on est fier même si elles n’apportent rien, en « oubliant » des passages importants mais difficiles à mettre en mots. Comme on a l’histoire dans la tête, on recolle les morceaux et on ne voit pas les problèmes. Sauf que le lecteur, lui, les voit. Et lorsque vous lisez de mauvais livres, vous les voyez  aussi. Alors, profitons-en pour repérer ce qui marche et ce qui ne marche pas, pour prendre de la distance, réfléchir à la construction du texte, la présence des personnages, le style…Lorsque vous lirez votre propre texte, vous aurez ainsi de l’entraînement pour avoir un regard extérieur, plus objectif et attentif.   Se faire une liste « pense-bête » des choses à ne pas faire : On peut aussi aller plus loin en établissant une liste des choses à ne pas faire. Un personnage trop longuement décrit, des répétitions, des dialogues sans rythme ni crédibilité, une absence de sens ou alors une trop grande place à un message politique, moral, religieux… Chacun fera sa propre liste en fonction de ses difficultés d’écriture. Pour moi, à partir de ce livre dont je vous parlais tout à l’heure, je me suis promis de Faire attention à la psychologie des personnages, en particulier des personnages historiques. Une jeune campagnarde du XVIIème ne peut pas avoir les mêmes rêves qu’une lycéenne contemporaine ! Donc, faire des recherches sur les faits, mais aussi les façons de vivre, de penser… Ne pas faire du suspens pour faire du suspens… Si vous accumulez du mystère alors qu’il n’y a rien à cacher, vous ne faites que manipuler le lecteur. Si découverte il y a, il faut qu’elle ait aussi un effet sur le lecteur. Eviter les belles phrases qui ne servent à rien. C’est aussi ridicule que les tops modèles qui se pavanent devant des voitures. Eviter la grandiloquence, le sentimentalisme, le pathétique. Les émotions, il faut que le lecteur les ressente, il n’a pas besoin qu’on les lui explique ! J’aime que l’histoire me dise quelque chose, qu’elle me montre le monde et m’explique une partie de l’existence ou alors qu’elle soit un bon divertissement, efficace et assumé. En tant que lecteur, je donne du temps au livre. J’attends donc qu’il m’apporte quelque chose en retour. Voilà mes pistes d’écriture ou plutôt de réécriture. J’espère qu’elles m’aideront à traquer ce que je n’aime pas et ainsi éviter nombre de chausse-trappes. A vous de faire la vôtre, en fonction de vos besoins et de ce que vous attendez d’une «  bonne lecture ». Imaginer en contre-pied ce que serait le texte idéal ; Si vous trouvez que c’est voir les choses trop en négatif, vous pouvez aussi faire la démarche inverse : Si je n’ai pas aimé tel élément, c’est que pour moi, dans le livre idéal, il devrait y avoir au contraire tel autre élément. Par exemple : je n’aime pas les phrases qui ne servent à rien. Donc mon texte idéal serait suffisamment concis pour que chaque mot soit nécessaire. L’esthétique ne se trouverait pas dans une accumulation de mots mais dans le choix de chaque parole, chaque phrase, chaque figure littéraire. Un de mes objectifs de relecture sera donc de supprimer tout ce qui n’est pas indispensable. Encore une fois, à vous de vous constituer votre propre grille d’écriture. Bref, lire est essentiel et lire de façon critique est un outil fondamental. Alors à vos bouquins -bons et mauvais livres- et n’oubliez pas d’y revenir plusieurs fois : au moins une fois pour apprécier l’histoire et une fois pour voir ce que vous pouvez en apprendre. Bonne lecture ! [wysija_form id=”1″] [1] Nancy Huston, L’Espèce fabulatrice, Actes Sud, Arles, 2008, coll. Babel.

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aide à la motivation

Conserver la motivation pour écrire : le compagnon d’écriture

Depuis le mois de juin, j’écris beaucoup. Beaucoup plus que d’habitude et avec de bien  meilleurs résultats. Du coup, j’ai pensé ce qui m’a aidé à persévérer dans la motivation pourraient aussi vous servir. Tout a commencé par le partage d’un article de Lionel Davoust sur la page Facebook de l’Echangeoir. Dans cet article, un conseil phare « TOUCHE TON HISTOIRE TOUS LES JOURS », c’est-à-dire assied-toi devant ton texte, relis-le, modifies-le, fais-le progresser chaque jour selon le temps dont tu disposes mais bien CHAQUE jour. A la suite de cet article, avec un ami nous nous sommes lancé un défi : écrire tous les jours pendant un mois et s’envoyer nos avancées le soir. S’il faut que l’on revoie notre façon de considérer la durée d’un mois (nous avons commencé en juin et nous continuons toujours !), il est clair par contre, que l’expérience a beaucoup à apporter. L’expérience en elle-même : un prétexte pour la motivation. Bien évidemment, le conseil de L.Davoust est pertinent en lui-même. Restait le problème de réussir à l’appliquer. Dans mon cas, entre le travail, le blog, la famille et la fatigue, j’avais souvent du mal à repousser encore le moment de m’effondrer sur le canapé avec un bon bouquin ou un bon film. J’écrivais à peu près une fois par semaine, souvent par à-coups et j’avais beaucoup de mal à conserver la motivation pour mener mes projets à leurs termes. J’imagine que je ne suis pas la seule… Or, à la suite du défi lancé avec Laurent, il fallait bien tenir et s’y mettre le soir, entre midi et deux ou prendre quelques minutes le matin, dans le bus, dans une salle d’attente, bref dès que possible. Je  pensais que ce serait dur à tenir. Et bien pas du tout. Plus de trois mois plus tard, j’ai terminé cinq nouvelles dont je suis assez satisfaite, trois avec Laurent, deux en dehors. Ça ne m’était jamais arrivé ! Et j’en redemande. Les avantages du compagnon d’écriture : plus que de la motivation. Avancer-terminer ses projets Bien sûr, devoir envoyer chaque soir au moins une phrase force à travailler. On pense s’y mettre juste pour cinq minutes et en fait on y reste presqu’une heure. Et puis, comme quelqu’un suit votre projet, on a toujours envie d’aller plus loin, de répondre à ses questions, de lui en donner plus. Le projet en lui-même grandit et prend une place plus importante dans la vie quotidienne. On finit par y penser sans y penser, par avancer sans presque s’en rendre compte. Enfin, pas question de laisser un travail en plan, ou alors il faut pouvoir le justifier. On a un lecteur à satisfaire ! Distanciation et regard critique Deuxième avantage, le fait de partager chaque jour les avancées oblige très rapidement à prendre de la distance sur ce que l’on écrit. Je m’explique : vous n’allez pas balancer vos phrases comme un malotru, vous écrivez au moins une ligne de présentation. Donc, obligatoirement vous réfléchissez, ne serait-ce qu’un peu, à ce que vous venez d’écrire. Pour moi, au moins à un mail sur deux, je me suis retrouvée avec des questions auxquelles je n’aurais pas pensé autrement, des questions qui m’ont permis d’avancer dans le traitement de l’écriture, du personnage, du style… Très vite, cela devient une habitude et cela donne une véritable acuité critique sur ses propres textes. Par la suite, on y gagne aussi pour les relectures et réécritures. plaisir du partage Dernier point qui n’est pas des moindres, on dit souvent qu’écrire est une activité solitaire. Voilà de quoi sortir de l’isolement : d’une part envoyer son texte apporte la satisfaction du travail accompli. Et puis, vous recevez le texte de votre compagnon d’écriture. Vous le voyez avancer, vous apprenez à connaître sa façon d’écrire, vous pouvez échanger quelques conseils, faire des retours. Vous recevez aussi ses réactions sur vos textes, cela vous donne des pistes, de nouvelles idées… La motivation, au lieu de baisser, ne cesse de se multiplier. Et si on ne tient pas ? Cela nous ait arrivés, bien sûr à l’un et à l’autre. Mais le fait de se savoir attendu aide à reprendre le rythme. Au lieu de laisser passer une semaine, on laisse passer deux jours et aussitôt on retrouve le plaisir d’écrire. Par ailleurs, chacun a son rythme : avec une autre amie, on échange tous les quinze jours. Ce n’est pas aussi efficace, mais là aussi, cela impose d’écrire malgré tout. Une proposition : mettre en relation des compagnons d’écriture. Comme vous avez dû le comprendre, j’ai trouvé cette expérience extrêmement positive. Aussi, dès jeudi, je vous proposerai un service de mise en relation pour vous permettre de trouver votre compagnon d’écriture. N’hésitez pas à nous contacter dès maintenant si vous êtes intéressés.

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Problématique le personnage?

Une expérience avec un personnage problématique.

Voici pour une fois, un article plus personnel sur une de mes expériences d’écriture. La nouvelle dont je parle, Dans la nuit ténébreuse, a été publiée en 2018 dans le recueil du festival Mauves en Noir. L’article initial a été écrit en 2018. Le problème avec mon personnage : Depuis à peu près trois ans, je reprends régulièrement une nouvelle sur une tueuse à gages. J’ai résolu peu à peu les problèmes de structure et de style. Il me restait un souci avec le personnage. C’était elle la narratrice. Pourtant, j’avais l’impression qu’elle n’était pas présente dans l’histoire, qu’elle n’était qu’une voix. Si j’essayais de l’imaginer, je ne voyais qu’une sorte de grosse tache blanche, du genre ballon de baudruche en train de se dégonfler. Un résultat pas vraiment à la hauteur de mes attentes. Pendant longtemps j’ai tourné autour sans « réfléchir ». Je faisais de la relecture basique, changeant un mot par ci, une phrase par là. Evidemment, c’est très utile s’il s’agit de polir le style ou le rythme, mais ça n’aide pas beaucoup pour améliorer un problème de fond. Au bout du compte, je décidai de prendre le problème à bras le corps et de m’attaquer à ce personnage problématique en dehors même de la nouvelle. Une idée qui n’a pas marché : détailler  la vie du personnage problématique. Lorsque la pierre d’achoppement est un manque de profondeur ou de cohérence, c’est certainement une bonne solution que d’en savoir plus sur son personnage. Dans mon cas, le résultat n’était pas à la hauteur de mes espoirs. Quoiqu’il en soit, j’ai d’abord essayé de faire un résumé, entre le test de Proust et la méthode Truby. Très vite je me suis mise à rédiger. Au bout de 30 pages, non seulement cela ne m’aidait pas, mais en plus je m’étais créé des problèmes supplémentaires. D’une part je ne prenais pas de recul par rapport à mon premier texte. D’autre part, il me fallait donner des précisions qui n’étaient pas nécessaire dans une nouvelle. Par exemple, la nouvelle se concentre sur une seule mission, pas besoin d’expliquer comment elle en ait venue à faire ce travail. Mais dans un récit long, ça devient nécessaire. Alors, il faut faire des recherches parce que le monde des tueurs à gages, je ne connais pas bien… Et avec tout ça, elle demeurait insaisissable. L’idée des fiches préparatoires pour les personnages. Je me suis souvenue des fiches préparatoires aux personnages que j’utilise dans mes ateliers. Evidemment, je me suis sentie un peu bête. On développe des choses pour les autres et on les oublie pour soit…  Bref, j’ ai passé à la moulinette quelques-uns des personnages de tueurs, matons ou mafieux qui m’avaient le plus marqué, en positif ou en négatif. Je me suis rendue compte d’une chose qui aurait dû être dès le début une évidence mais que j’avais laissé quelque part dans les limbes. J’aime les personnages complexes, les personnages qui évoluent. Or mon personnage était tout d’une pièce, du genre grande méchante et elle le restait du début à la fin. Quelques heures plus tard, elle avait des faiblesses et quelques qualités. En plus, je commençais à lui trouver des possibilités de transformation. Et tout cela sans sortir du cadre souhaité pour la nouvelle.   Deuxième point que j’ai (re)découvert grâce à ces fiches : je n’aime pas quand les personnages sont trop décrits. Mais je ne suis pas très à l’aise non plus quand ils ne sont pas décrits du tout. Là j’en revenais à mon ballon de baudruche. Dans mon texte, il n’y avait qu’une seule allusion à son physique : à un moment, sa cible lui touche la main. Pour faciliter la visualisation, il y a mieux ! J’allais devoir lui donner, même de façon très imprécise et rapide, une silhouette, des détails. Le rapport au réel Donc, les fiches préparatoires aux personnages m’avaient ouvert des voies.Désormais, il fallait trouver comment s’y engager. Pendant un bout de temps encore (oui, cette nouvelle a vraiment été un exercice de patience), j’ai essayé de convaincre mon imagination de trouver un physique à cette fichue tueuse à gage. Je ne voulais pas d’un physique de série ou de film d’espion, mais quoi sinon ? Enfin, un jour dans la rue, j’ai repéré les détails qui me manquaient. Ce n’était pas seulement l’apparence mais aussi l’attitude, la façon dont la personne habitait son corps. Résultat, j’ai rajouté deux phrases dans ma nouvelle, une au début, une à la fin et enfin, j’ai eu le sentiment de voir mon personnage. Pour en finir avec les personnages problématiques : En conclusion, ces fiches ne seront jamais une baguette magique et elles ne vous trouveront pas toutes les solutions. Mais je crois qu’elles peuvent nous aider à prendre du recul, à trouver des références et donc des idées. De plus, le fait de verbaliser ce qui plait ou pas permet de mieux savoir ce que l’on veut faire. Enfin, elles sont de formidables moteurs pour une imagination qui n’est pas lâchée dans la nature mais qui est mise au service de votre désir d’auteur. Note finale : depuis j’ai rencontré bien d’autres personnages problématiques… A chaque fois, il m’a fallut inventer une solution différente. Flaubert dit que chaque texte a sa poétique propre qu’il faut trouver. Ajoutons que chaque défi à son chemin propre, qu’il faut parcourir et explorer sans se lasser !

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Préparer des personnages à la hauteur de vos ambitions.

Il y a quelques mois, je vous proposais un article sur les éléments à prendre en compte dans la création du personnage. Aujourd’hui, je souhaite prolonger le sujet avec un petit exercice d’avant-écriture, une sorte d’échauffement en quatre étapes qui vous aidera à obtenir ce que vous voulez de vos personnages. J’ai vraiment eu l’impression de progresser depuis que j’ai commencé à y réfléchir. J’espère que ce sera le cas pour vous aussi. Ière  étape : savoir ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas Dans cette première étape, il s’agit juste de nommer ce que vous aimez et ce que vous n’aimez pas. Vous verrez que mettre en mots ce que l’on se contentait de ressentir aide ensuite à créer. Prenez ainsi un peu de temps pour lister différents types de personnages. Par exemple : Vos cinq personnages principaux préférés (qu’ils soient « bons » ou « méchants » et si vous pouvez faire un mélange des deux, c’est génial). Deux ou trois personnages secondaires qui vous ont marqués. Deux ou trois personnages qui vous semblent totalement ratés (c’est utile pour ne pas faire pareil !). Les personnages que vous aimeriez créer. Les personnes (proches ou pas, célèbres ou pas)/personnages qui pourraient vous inspirer pour la création de vos protagonistes. Vous pouvez réaliser cette recherche sur « les personnages en général » ou sur un type de personnage particulier (les policiers, les fées, les enfants…) selon vos besoins. IIème  étape : analyse et traits saillants des personnages.  Maintenant il s’agit de savoir pourquoi vous aimez ou pas ces personnages, et donc ce qu’ils vous apprennent pour votre écriture. Cette fois-ci, je vous suggère le tableau suivant (que vous pouvez télécharger ici : la fiche analyse personnage ). Pour vous aider à remplir la deuxième colonne, voici une liste d’éléments sur lesquels vous pouvez réfléchir (bien sûr la liste n’est pas exhaustive…) : Vraisemblance : croit-on en ce personnage, vit-on avec lui, qu’il soit réaliste ou pas ? Proximité : comment perçoit-on le personnage ? Par ses paroles, ses pensées, ses actions ou y a-t-il un narrateur ou d’autres personnages qui font écran (qui nous parle de lui sans nous laisser le voir directement).  Quel effet cela procure ? Intimité : que sait-on sur le personnage ? Tout, rien, un peu ? Le connait-on bien ? Description : est-elle précise ? Juste esquissée ? Quel effet/besoin en ressentez-vous ? Voix : a-t-il une façon de parler qui lui est propre, une façon de penser ? Relation : Vous projetez-vous dans le personnage ? A quoi sert-il ? (fait-il bouger l’action, est-il témoin, sert-il de filtre…) Quel sentiment éprouvez-vous pour lui ? Savez-vous dire pourquoi ? Voici un exemple avec un personnage qui m’a marqué (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :   IIIème  étape : réflexion et appropriation.  Grâce à ce tableau et en comparant plusieurs personnages, vous avez dû prendre conscience d’un certain nombre de choses au niveau de  vos goûts en matière de construction du personnage. A vous maintenant de faire un bilan : Parmi les éléments de construction du personnage quels sont ceux qui vous paraissent les plus importants ? Quels sont ceux que vous pourriez réutiliser ? Ceux que vous voulez absolument éviter ? Quels sont ceux que vous utilisez habituellement ? Comment pourriez-vous continuer à enrichir votre boite à outil à propos du personnage ? IVème étape : test et réutilisation des fiches préparatoires pour personnages.  Une fois que vous savez ce que vous aimez et souhaitez faire, vous pouvez tester votre personnage en écrivant des petites scènes. Choisissez d’abord des scènes qui le mettent en place dans son environnement quotidien : comment il se réveille, à quoi ressemble sa cuisine, quels trajets fait-il… ? A l’inverse, pensez aussi à le mettre dans une situation de crise : comment réagit-il si son voisin fait une crise cardiaque… ou toute autre scène sortie de votre imagination. Une fois votre scène écrite, évaluez-la en la comparant avec votre bilan et les caractéristiques de vos personnages préférés. Cela vous permettra de mieux les retravailler, pour tendre de plus en plus vers votre idéal. A vous maintenant, et n’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes ! Pour en savoir plus, découvrez vendredi un exemple d’utilisation de ces fiches pour débloquer un personnage problématique.

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logiciel d'écriture Scribbook

Une interview du créateur du logiciel d’écriture Scribbook, Jonathan Kalfa.

Aujourd’hui, je vous propose d’écouter Jonathan Kalfa, le créateur du logiciel d’écriture Scribbook, dont nous avons récemment parlé. Nous lui avons posé quelques questions afin de mieux connaître sa plateforme d’aide à l’écriture. Pour commencer, peux-tu te présenter, nous parler de ton rapport à la littérature et à l’écriture ? Jonathan Kalfa, 37 ans, actuellement développeur, chef de projet et chef d’équipe informatique dans une société qui délivre des services financiers. Je suis marié et papa de trois bouts de chou adorablement chronophage 🙂 Dévoreur de livre, je consomme énormément de Fantasy et de SF. Toutefois je reste ouvert à la lecture légère et aux tranches de vie (Legardinier par exemple). L’écriture est venue tard chez moi. Vers 2012 si je ne me trompe pas. Je ne sais pas si d’autres gros lecteurs ont eu ce problème, mais, arrive un moment charnière où la quantité de livres fait que la qualité de ce qu’on lit s’en ressent. On devient difficile. Malheureusement, ce qu’il reste en stock (ou PAL) nous oblige à consommer des écrits que l’on n’aurait pas lu sinon. Et c’est là que tout commence : “tiens j’avais deviné la fin à ⅓ du livre”, “mais pourquoi il insiste autant la dessus, ca ne sert pas l’histoire”, etc. Puis vient le décisif : “tiens j’aurais pas écrit ça comme ça.” A partir de là j’ai commencé gentiment des petits concours de nouvelles. Avant de me dire que je manquais de structure. Et de là : MOOC, livres, logiciels etc. D’où est venue l’idée de créer un logiciel d’ecriture ? D’une contrariété… A un moment donné, j’avais assez avancé un premier jet pour vouloir le structurer. Ecrivain en herbe, je consulte un peu google et les collègues d’écriture qui me recommandent Scrivener. Bien sûr avec mes deux enfants (à l’époque, trois depuis ^o^), je crayonne plus sur mes pauses midi que chez moi. Donc je tente l’installation dudit logiciel… et je m’aperçois qu’il faut être administrateur de son poste pour pouvoir l’installer, ce que je ne suis malheureusement pas… J’avais déjà créé de petits outils d’assistance aux écrivains (ex : Syllaber) et comme je râlais – j’adore râler – quelqu’un m’a simplement dit que si je voulais utiliser ce genre d’outil partout, je n’avais qu’à le créer… Et voilà. En quoi, d’après toi, utiliser Scribbook est intéressant pour un écrivain, en herbe ou confirmé ? Souvent l’écrivain en herbe arrive avec son sac à idées, parfois même un premier jet tout prêt. Scribbook peut alors lui apporter une structure solide avec son système de plan hiérarchisé. De plus, certains canevas sont de vrais petits cours d’écriture pour débutant ou confirmé. Pour un écrivain confirmé, qui a déjà ses habitudes, Scribbook est assez souple pour permettre à celui-ci d’utiliser ses méthodes habituelles. On peut, entre autres choses, créer ses propres modèles de projet. Je fourni aussi des outils comme Syllaber qui permet de découper/compter les vers en respectant les règles de la poésie française, ou les analyseurs de texte qui permettent de suivre la régularité dans le style d’écriture. Enfin les objectifs d’écriture, le mode sans distraction, le fait de pouvoir écrire partout même en perdant le réseau, etc. ça je pense que tout le monde en profite ! Te sers-tu toi-même de Scribbook pour écrire ? Comment ? Oh oui… Je l’utilise dès que j’ai un moment pour écrire. Et comme ce n’est souvent pas au même endroit ;-). Comment ? Pas différemment des autres. Pour les nouvelles j’ai un projet “concours”. Pour mon bouquin, j’ai deux projets, pour 2 versions différentes : une à la première personne et l’autre à la troisième. Peux-tu nous parler des prochaines évolutions pour ton logiciel d’ecriture ? Au moment de la publication de cet article, Scribbook sera soit en Bêta, soit le sera sous peu. Cette livraison apporte principalement : le mode hors ligne complet, le mode plan par les tuiles et un re-design quasiment complet de l’application. Suivront deux axes majeurs : Les personnages : template de fiche personnage préexistant, création personnelle de templates réutilisables à travers vos projets, import de personnages inter projet (pour les histoires en plusieurs tomes par exemple). Ajout des liens Scène/Chapitre <-> Personnage, avec utilisation des alias dans les scènes facilités, etc… Le Sas de Bêta lecture : La bêta lecture fait partie du processus d’écriture aussi je voudrais permettre aux écrivains de pouvoir organiser cette étape depuis Scribbook. Soit l’auteur a déjà son pool dédié de bêta lecteur et Scribbook permettra de créer des comptes jetables, gérés par l’auteur sur une URL spéciale permettant d’accéder à un sas contenant une version du texte, et par exemple un formulaire, etc. Soit l’auteur “cherche” des bêtas lecteurs et dans ce cas il y aura mise en place d’un système d’échange “Équitable” de bêta lecture entre membre. Et bien sûr comme ce sont de gros sujets et que j’aime faire des livraisons intermédiaires il y aura sûrement de petits outils (ex : un générateur de pitch, ou une amélioration du mode sans distraction avec des thèmes). Quel avenir vois-tu pour ton logiciel d’ecriture ? Quelle serait ta plus grande ambition ? J’aimerais que mon logiciel d’écriture devienne un incontournable de l’assistance à l’écriture. Un logiciel qui vienne à être proposé naturellement lors du nano et des autres concours… Il n’y a pas de miracle, pour que ça arrive, il faut que je continue de l’améliorer constamment. Je ne souhaite pas devenir riche grâce à Scribbook mais j’aimerais réellement pouvoir en vivre un jour. Aujourd’hui, nous approchons les 1000 inscrits et depuis maintenant plus de 2 ans, Scribbook est entièrement gratuit. Tout est de ma poche. Aussi, et je ne l’ai jamais caché, Scribbook va accueillir des comptes premiums payants d’ici, je pense, la fin de l’année. L’utilisation basique de Scribbook restera gratuite ! Mais elle sera – contrairement à aujourd’hui – limitée en nombre de projet et de fichier par exemple. Certaines fonctionnalités seront alors réservées aux utilisateurs payants (surtout les futures évolutions en fait). Un conseil à donner

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productivité Scribbook

Un été avec Scribbook ou à quoi sert un logiciel d’écriture

Une bonne partie de mes vacances ont été consacrées à l’écriture et de fait, à l’utilisation -très satisfaisante- d’un logiciel dont je vous avais parlé : Scribbook. Pour une reprise motivante, je vous propose donc de découvrir tout ce que son utilisation peut vous apporter. Comment j’utilise le logiciel d’écriture Scribbook. Travailler partout, n’importe quand Vous, je ne sais pas, mais moi, je travaille sur plusieurs ordinateurs, une tablette, des carnets et des feuilles volantes. Scribbook me permet d’avoir un unique support informatique. On peut écrire hors-ligne (à condition d’avoir ouvert avant le site) et on a également le confort de modes de luminosité adaptés au jour et à la nuit. Plus besoin de faire des copiés-collés ou des envois par mail. Le risque de perdre une partie du travail est considérablement réduit. Scribbook : un Facilitateur d’organisation Sur votre page d’accueil, vous enregistrez vos différents projets. Lorsque vous en ouvrez un, apparaît sur le côté gauche le mode plan. Il vous permet de garder en visuel l’ensemble des parties de votre travail. Ainsi, vous savez exactement où vous en êtes, sur quelle version, quel chapitre… C’est extrêmement pratique pour un roman : vous pouvez passer d’un chapitre à l’autre tout en ayant une vue général. Quant à moi, j’écris surtout des nouvelles. J’ai pu les grouper thématiquement, en prévision de recueils. Ensuite, pour chacune d’entre elles, je vois mes différentes versions, marquées par des coloris spécifiques ainsi que mes prises de notes, descriptions de projets, notes d’intentions… Sur le côté droit, on a aussi à disposition un encart « synopsis ». Je l’utilise comme une sorte de post-it pour me rappeler les incontournables du fichier sur lequel je travaille. Je sais, ce n’est pas l’utilisation officielle, mais cela m’aide à rester dans mes objectifs. Enfin, pour se motiver, on peut évaluer notre productivité:   Facilitateur de relecture- réécriture Scribbook peut aussi vous aider dans l’étape de relecture-réécriture. Les mots et signes sont comptés automatiquement. Vous pouvez analyser quantitativement vos fichiers ou vos dossiers : nombre de phrases, de mots, de caractères avec ou sans espaces, répartition entre différents fichiers. Cette dernière fonctionnalité permet par exemple d’évaluer l’équilibre de vos chapitres. Enfin, vous pouvez avoir une analyse “qualitative” selon la méthode Lix afin d’évaluer la “lisibilité” de votre texte. A vous de voir si vous faites confiance à ce genre d’analyse.   Vous pouvez aussi comparer deux versions, pour vérifier les transformations apportées, dupliquer rapidement des fichiers ou, une fois terminés, les mettre facilement bout à bout. Un logiciel facile, maniable, clair Dernière précision, je suis nulle en informatique (et ne prenez pas ce site pour exemple de mes capacités, c’est Agnès qui fait tout le travail). Si je le trouve pratique c’est qu’il est suffisamment bien fait pour que tout le monde s’y retrouve. En cas de doute, vous pouvez aller sur le groupe Facebook pour demander de l’aide. Jonathan ou à défaut des utilisateurs avertis sont toujours prêts à vous répondre. Tout ce que l’on peut faire en plus sur Scribbook. Je suis bien consciente que je n’utilise pas l’ensemble des potentialités de Scribbook. C’est en effet un logiciel qui s’adresse à différents types d’auteurs, il offre une très grande variété d’outils. En voici d’autres qui pourront sans aucun doute vous servir. Les Canvas. Scribbook propose quatre canvas (sorte de schémas) vous permettant d’expérimenter des méthodes d’organisation pour écriture longue de type prose fictionnelle : le canvas simple, le flocon, le voyage du héros, le NanoWrimo. Vous pouvez les découvrir en créant un nouveau projet. Il vous sera proposé de choisir l’un deux, et vous aurez alors accès à un projet avec une maquette accompagnée de quelques explications. Mode défi.  Vous pouvez vous imposer des contraintes de temps, de mots ou de caractères. Pour cela, il suffit d’aller sur l’un des fichiers et de cliquer sur le petit chronomètre. Pour le moment je ne l’utilise pas, parce que j’ai plutôt tendance à écrire trop que pas assez, mais peut-être que j’y aurai recours pour me limiter. A tenter ! Se mettre des objectifs. Complémentaire au mode défi, pour chaque projet vous pouvez définir un nombre de mots ou de caractères par jour, mois, ou pour votre projet en entier. NanoWrimo.  Pour ceux qui souhaitent y participer, il y a comme indiqué ci-dessus un Canvas spécifique avec des fichiers journaliers déjà préparés. Syllaber. Avis aux poètes, une aide pour faire ses comptes ! Ce que l’on pourra bientôt faire Jonathan, le créateur de Scribbook, a encore des tas d’idées pour améliorer sa plateforme. Parmi les éléments annoncés : des fiches personnages, lier un compagnon mobile… On a hâte. Mais le mieux sera de l’écouter directement : jeudi prochain, il vous dira ce qu’il en pense. Dernière petite précision, le logiciel d’écriture Scribbook est français et pour l’instant gratuit !

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